mardi 8 avril 2014

Les inspirations de Dries Van Noten

Pièces de Dries Van Noten devant les toiles géométriques de Vasarely

C’est d’abord, devant chaque vitrine, des textes qui expliquent les sources d’inspiration de Dries Van Noten d’une justesse et d’une poésie incroyable ! Tellement évocateurs qu’ils m’ont fait voyager plus que les collections elles-mêmes !

Je vous en livre un extrait sur l’univers de Francis Bacon qui inspire le designer. Sublime ! Je ne me lasse pas de le relire :
« Extrêmes dans l’émotion : larmes et rires, horreur et joie. Le travail à la fois fascinant et terrifiant du peintre irlandais Francis Bacon capture l’intensité du corps en mouvement et en tension. A la limite de l’horreur et de la beauté, sa peinture révèle des bribes d’énergie pure. Elégance et disgrâce se superposent et se confondent, suggérant la force et la passion de la chair. S’approprier la laideur pour mieux définir la beauté, sublimer ce qui déplait et transformer le dégoût en charme deviennent ainsi des principes de création ».

Et puis c’est une scénographie originale, un voyage à l'intérieur de l'esprit du designer, un travail de décomposition de ses sources d’inspiration qui m’a fait penser à l’analyse des rêves où viennent s’enchevêtrer les souvenirs conscients et inconscients.
D’une part, Dries Van Noten se livre à une introspection et révèle, pour chaque pièce qu’il a sélectionnée, ses multiples inspirations. D’autre part, la conservatrice du Musée, Pamela Golbin, sonde l’inconscient collectif pour déceler à travers un détail d’une veste, une couleur ou le volume d’une robe, l’influence de collections emblématiques d’autres couturiers auxquels Dries Van Noten a dû se référer involontairement.

Le résultat est une juxtaposition de pièces de Dries Van Noten, de vêtements d’autres créateurs et d’œuvres diverses d’artistes : le fameux tailleur « Bar » de Dior, des peintures de Vasarely, des extraits de films comme La leçon de piano de Jane Campion, des objets telle la superbe épée d’académicien de Jean Cocteau réalisée par Cartier ou de spectaculaires fresques murales comme celle de l’artiste floral japonais Makoto Azuma, pour ne citer que les œuvres qui m’ont le plus touchées….

Au final, cette scénographie reflète assez justement l’esprit des vêtements de Dries Van Noten qu’on qualifie souvent de « cadavre exquis » tant sa mode est composée d’associations surprenantes de couleurs, de matières et d’imprimés.

 
Dries Van Noten - Inspirations - Jusqu'au 31 août 2014 au Musée des Arts Décoratifs de Paris.

vendredi 28 mars 2014

Fast information : en mode détox !


Depuis quelques temps, j’ai l’impression de ne plus savoir où donner de la tête pour me tenir informée de ce qui se passe dans les domaines qui m’intéressent ni comment gérer la multitude de sources d’information disponibles !

Chaque matin, je n’ai pas encore ouvert l’œil que j’ai déjà une liste de mails qui m’attendent dans ma boîte de réception : des actualités sur la mode, des newsletters de différentes marques de mode, de multimarques de mode, de multimarques de décoration, de design, des newsletters de tendances en tout genre, en France, dans le monde, des informations sur l’univers de l’art, des mails de galeries d’art, des lettres d’information sur le marketing, les tendances digitales, l’e-commerce, les réseaux sociaux… et ça continue comme ça tout au long de la journée, avec des pics de réception le midi et en fin d’après midi ! Bon, c’est vrai que chaque fois qu’une marque m’intéresse d’un point de vue personnel ou professionnel, je m’inscris à sa newsletter pour voir ce sur quoi elle communique. Mais aujourd’hui, je crois que je frôle l’overdose…

Ce n’est pas tout, sur internet, les  sources d’information ne cessent aussi de se multiplier : webzines, versions en ligne des magazines papier, les blogs qui, à l’image des sites d’information, cumulent les publications dans la journée et se transforment en véritables medias (blogs de Garance Doré, The Man Repeller ou le Daily Elle qui était à l’origine le blog de la journaliste Sophie Fontanelle). Et bien sûr les réseaux sociaux deviennent incontournables : suivre les bonnes personnes sur Twitter c’est comme recevoir quasiment en direct les communiqués de l’Agence France Presse !
Et difficile de se passer d’Instagram qui délivre une information facile, ludique, sans effort.

Certains jours je me sens agressée par cet excès d’information, hermétique à la moindre lecture, esclave de mes mails, partagée entre une furieuse envie de tout supprimer et la peur de rater une précieuse nouvelle. J’ai l’impression que plus je consacre du temps à m’informer, plus j'ai le sentiment de ne pas suffisamment en savoir et plus cette boulimie d’’information me vole mon temps et me nourrit mal. Elle m’épuise, jusqu’à l’écœurement et laisse peu de place à la réflexion et à l’inspiration.
Je me suis rendue compte aussi que lorsque je prends la poudre d’escampette sur net, c’est souvent par désœuvrement, pour échapper à un problème ou à un moment d’ennui. 

Alors puisque les détox sont à la mode en ce moment, j’ai pris la décision de faire une détox d’information et de réduire mon temps quotidien dédié à cette « fast information »  que sont les newsletters, blogs, réseaux sociaux.
Mon autre résolution est d’octroyer plus de place à des magazines papier qui proposent des sujets plus fouillés ou qui prennent plus de hauteur. Consommer moins mais mieux en sorte.
Attention, je ne dis pas du tout que ce qui est sur le net est de mauvaise qualité, je ne le pense pas d'ailleurs, mais je commence à croire que consulter un magazine laisse plus de respiration, plus de place à l’imagination, à l’inspiration.
Je ne sais pas si c’est le touché agréable du papier ou le plaisir de tourner les pages, la position plus relaxe qu’on prend quand on lit une revue ou le faible poids du journal qui fait qu’on peut le tenir machinalement en réfléchissant … Surement aussi que la lecture est plus concentrée, moins distraite par les nombreux liens ou possibilités de clics qu’offre le net ?

Pour l'instant, je constate que cette diète forcée a tendance à développer mon attention, mon acuité et me sortir d’une passivité dans laquelle je commençais à tomber face à cette masse de données. Un peu comme un régime aiguise les sens et développe les envies !
Et puis, le fait de limiter ce temps devant les écrans et de prioriser mes lectures me donne l'impression de lire "utile" ou de lire "plaisir" mais de ne plus me laisser entrainer par cette course sans fin à l'omniscience.
Et quand je m'octroie, de temps en temps, des petites errances sur le net (on ne peut pas non plus se renier quand même :-), je trouve que j'en prends d'avantage plaisir, c'est un peu comme une récréation, je me défoule !
 
Et vous, quelles sont vos priorités en matière d’information ?
Etes-vous plutôt presse écrite ? Web ?
Combien de temps y consacrez-vous chaque par jour ? A quel moment ?

jeudi 6 mars 2014

Ma parenthèse enchantée

« Sortez de votre zone de confort »
photo prise à l’exposition « Happy Show » sur le Bonheur
A la Gaité Lyrique jusqu’au 9 mars

Dans mon précédent post, on m’a posé la question « Pourquoi partir pour se retrouver ? ».

Franchement, quand j’ai pris la décision de partir, c’était surtout pour me changer les idées et m’aérer la tête. Se ressourcer, se retrouver, c’était la cerise sur le gâteau, je n’y croyais pas trop.
Je me disais que les vacances, c’était un moment de paix parce qu'il n'y a pas de contraintes et rien à prouver à qui que soit, mais que forcément, de retour à Paris je devrais à nouveau affronter mes problèmes. Bronzée et détendue certes, mais tout serait pareil !

Et bien finalement je me suis trompée : je rentre de mes vacances transformée ! Cette parenthèse m’a permis de sortir de mes habitudes, de rompre avec de mauvais souvenirs et une façon d’avancer qui laissait peu de place à moi-même. Elle m’a surtout permis d’expérimenter ce qui pourrait être ma recette du bonheur ou en tous cas d’un certain équilibre.


C'est la première fois que je prends conscience de cette bouffée régénératrice que peut procurer un voyage.
Peut être est-ce parce que pour la première fois je partais dans un endroit qui n’était pas balisé comme peuvent l’être une grande ville ou un hôtel standardisé aux normes occidentales ? Se réveiller avec le chant des oiseaux, pousser la porte et être dans la nature, découvrir un autre mode de vie m’a permis de déconnecter plus facilement.

Et puis, c’est tellement rare dans notre vie de tous les jours de sortir de nos habitudes, de notre routine, d’être confronté à une autre façon de vivre, de rencontrer des personnes totalement étrangères, de poser un regard neuf et pur, de ressentir des sensations vierges de tout préjugé ou de tout jugement. Il me semble que cet étonnement que l’on ressent nous ramène un peu à l’enfance…
Toutes ces découvertes sont un formidable accélérateur d’émotions : elles nous bousculent, nous questionnent et permettent d’apprendre beaucoup sur nous-même.


Peut-être ce voyage m’a-t-il enchanté parce que, pour la première fois aussi, je me suis donnée le temps. Le temps de tout faire, de ne rien faire, d’expérimenter, de m’ennuyer… il ne s’agissait pas d’un voyage express calé pour visiter + me reposer + bronzer, le tout en 7 jours, transport compris.
Et ça, ça change tout : j’étais moins avide de soleil, d’expériences, de sensations, de rencontres, d'optimiser mon séjour. J’ai ralenti et j’ai laissé venir, j’avais le temps !

Et puis, le fait d’être seule, dans un lieu inconnu, sans contraintes, sans repères, sans horaires m’a fait revenir à l’essentiel : "de quoi j’ai envie ?" et "qu’est ce qui est bon pour moi ?"


Alors je me suis remise à faire du sport, à courir le long de la plage pour débuter la journée. C’était très apaisant d'être au calme, dans un paysage d’une beauté sauvage, d’assister à la lente montée du soleil sur la mer.
Puis très vite j’ai découvert un lieu, niché au cœur de la nature, qui proposait des séances de yoga et de méditation et j’ai pris l’habitude de m’y rendre tous les matins.
Petit à petit j’ai recommencé à ressentir une énergie, un bien-être que je n’avais pas éprouvé depuis longtemps. C’est comme si ces moments que je m’accordais me remplissaient de joie, m’apportaient une force qui m’accompagnait tout au long de la journée.
J’imagine que ça peut paraître étonnant, mais je suis sure que les personnes qui ont déjà médité comprennent !

Et le reste de mes journées passait délicieusement à lire face à la mer, rejoindre des personnes rencontrées, découvrir de nouvelles plages, tester des petits restaurants, visiter des lieux, flâner sur un marché…
Ce voyage m’a rappelé à quel point ces petits moments de plaisir et de découverte sont importants, stimulants, très inspirants. Ils permettent d'être enchanté, étonné, surpris, dérouté ou peut être déçu mais de se « nourrir » et de s’offrir l’opportunité de vivre des émotions !
C’est quelque chose que j’avais oublié… C’est si facile de se laisser absorber par le stress ou la fatigue d’un travail, le froid de l’hiver et de céder à la tentation de ne rien faire, de rester chez soi pour « se reposer ». Mais à force de me préserver, j'ai commencé à dépérir insidieusement.


Bien sûr le retour à la réalité a été rude entre le froid, la pluie, le travail et mon mode de vie citadin qui pour la première fois m’a pesé.
Mais progressivement, je me suis mise à appliquer ces petites recettes qui m’avaient fait du bien pendant ces vacances : méditer, refaire du sport et surtout parsemer ma semaine de petits plaisirs (tester une nouvelle pâtisserie, organiser un petit dîner entre amis) et de découvertes (une expo, un quartier, une boutique, un nouveau lieu) de temps en temps.

Ce que je dis n’a rien de révolutionnaire, j’en ai bien conscience, mais ces choses toutes simples et pourtant essentielles j’ai eu tendance à les oublier ces derniers mois, 
Pourtant c’est tous ces petits moments qui me permettent aujourd’hui de me réjouir, de me régénérer, de respirer, de m’inspirer !

mercredi 12 février 2014

Life is a beach !


Parce qu’il le fallait, je suis partie.
Loin, seule, avec l’envie de me perdre, de poser un regard neuf sur des lieux, des gens. De ne plus penser au temps, qui passe et qu’il fait. De créer de l’espace autour de moi pour laisser à nouveau l’envie émerger.

Quand je suis arrivée, fatiguée par trop d’heures de vol, j’ai levé la tête et j’ai lu ça.


J’ai souri, partagée entre un relent de cynisme et l’espoir que ce soit le signe que j’étais au bon endroit…

Alors j’ai ralenti, j’ai respiré, je me suis allégée, j’ai laissé les pensées négatives se calmer et ça a été…

Ces derniers posts peuvent paraitre déroutants, ils ne parlent pas de mode, d’art ou de création mais de moi et de mes états d’âme... Mais cette petite flamme, ce souffle que je tente de retrouver, ne serait-ce pas justement l’inspiration, l’étincelle de la vie et le moteur de toute création ?

lundi 3 février 2014

Life is a bitch !

Photo Hélène Sage

Au début, il me regardait avec curiosité, découvrait même au fond de moi des pépites que j’ignorais. 
Puis un jour, il n’a plus eu le temps, plus eu l’envie ou plus rien vu… c’est comme ça que ça a commencé.

Ensuite 2013 a été dure (rien de grave pourtant, la vie quoi), je me suis recroquevillée de plus en plus à l’intérieur de moi. 
A un moment, j’ai perdu pied, je ne savais plus qui j’étais, je n’avais  plus confiance en ce qui me faisait vibrer, j’avançais mécaniquement, comme un p’tit soldat… mal forcément. 
Oh, ça ne m’a pas empêché d’accomplir des choses, de sourire, d’aimer, de me réjouir ! Mais pour les paillettes dans les yeux, les grands éclats de rire et les bonheurs partagés on repassera… 

Comment peut-on vivre aussi longtemps si loin de soit ? 
Comment peut-on, pendant si longtemps, s’oublier ? 

Merci Mina de m’avoir rappelé à moi ;-)

dimanche 17 mars 2013

Ma sélection de Blogs Déco

Des semaines que je n’ai pas écrit… Je reviens, c’est pas encore la grande forme et dans ces moments là, ce qui me fait du bien, c’est de m’occuper de mon intérieur, de mon chez moi. 

J’étais partie pour vous faire une revue complète de mes blogs de déco préférés et puis je me suis retrouvée avec une liste tellement importante, des heures et des heures de lecture qui décourageraient les plus motivés d’entre vous (et moi avec !), que je me suis dit que ça serait mieux de faire une petite sélection de mes pépites, des sites qui regorgent d’images de mes appartements rêvés, des adresses à connaitre absolument.

D’abord, quelques mots pour vous dire sur quoi s'est porté mon choix.

Au niveau du style, Internet a ses propres tendances et le style qui a le plus de succès en ce moment sur les blogs c’est l’esprit scandinave. C’est un intérieur clair (pour compenser le manque de lumière de ces pays nordiques), graphique : une base blanche, neutre où dominent les tons de noir ou de gris, des meubles épurés aux lignes fifties, des matériaux naturels tels que le bois, le cuir, la laine. Ikea en version plus authentique avec un supplément d’âme. Je suis sure que vous voyez très bien ce que je veux dire.

Oui mais moi justement j’ai envie d’autres choses.
D’abord au niveau des volumes, j’aime le cachet des appartements anciens : les grandes fenêtres, l’élégance des parquets point de Hongrie, les hauteurs sous plafond, les moulures, les recoins, les niches…  
Et j’aime les appartements chargés, avec des couleurs assumées, des pièces de design fortes, des télescopages de motifs, de matières, un mélange de styles, des livres et quelques objets insolites qui retiennent le regard.

L’opposé du minimaliste scandinave en fait, d’où la difficulté de trouver des blogs qui me plaisent.

Ensuite, au niveau de ma sélection, j’ai voulu partager des blogs de déco mais pas seulement. J’aime aussi chercher l'inspiration sur les sites d’architectes et de photographes d’intérieurs. On n'y pense pas forcément et pourtant c'est là qu'on peut trouver toutes les photos publiées dans les magazines de décoration.

Mais assez parlé, commençons :

Le blog The Socialite Family
 

C’est un blog créé par Constance Gennari, une ancienne journaliste de mode enfantine aujourd’hui acheteuse d’art en agence de publicité. Elle nous ouvre les portes de grands appartements de jeunes familles qui évoluent pour la plupart dans l'univers du design ou de la création et qui ont un vrai sens du beau.
Le blog est un concentré de bon goût, de douceur (on sent le regard féminin), d’inspiration, d’idées, d’âme, de vie et de joyeux bazar. Il a été lancé il y a un an, n'hésitez pas à consulter les archives, il faut TOUT voir. D’ailleurs s’il n’y avait qu’un blog à retenir, ce serait celui là.

 
 
Anne Geistdoerfer et Flora de Gastines sont deux architectes qui ont créé leur agence après avoir toutes deux travaillé chez India Mahdavi. J'apprécie leurs réalisations depuis quelques années mais quand j’ai découvert qu’elles ont fait leurs armes auprès de la célèbre architecte franco iranienne dont j’adore l’univers, j’ai compris pourquoi j’ai été séduite !
Ce que j’aime dans leur approche, c’est qu’elles ont une vision très complète des espaces, à la fois architecturale et décorative.
Si je devais refaire mon appartement un jour, je crois que c’est avec elles que je travaillerai ! (On peut toujours rêver ...)
Leur site est une mine de photos plus inspirantes les unes que les autres.


 

Florence Lopez est une personnalité atypique du monde de la décoration. Peu connue du grand public, elle a pourtant travaillé avec les plus grands. A la fois décoratrice d’intérieur, antiquaire et éditrice de mobilier, elle expose les objets qu’elle chine dans son appartement galerie à Saint Germain des Prés où elle vit et où tout est à vendre.
Tous les deux ans, elle refait intégralement la scénographie du lieu en choisissant une ambiance en fonction des meubles qu'elle a  dénichés.
J'adore son style graphique, ses couleurs tranchées et ses décors peuplés de pièces rares des designers du siècle dernier.
Le site met en avant ses collaborations ainsi que les mises en scène successives de son appartement.
N’hésitez pas à cliquer sur toutes les parutions pour voir l’article en entier.

 
 
 
Ce photographe travaille avec les plus grands magazines de déco.  Son site donne accès aux très belles images de ses reportages photos.

 


Et enfin, un blog lancé il y a tout juste un an par un chef de projet en informatique passionné de déco qui distille une très bonne sélection de photos d’intérieurs qui circulent sur le net. On y trouve également des décryptages de tendances.
Le blog est alimenté quotidiennement, de quoi assouvir une insatiable envie de nouveautés.


Voilà, j’espère que vous avez fait de belles découvertes.
Si vous voulez prolonger la visite, vous pouvez aussi suivre mes boards déco sur Pinterest.

dimanche 20 janvier 2013

Tendance motif : les rayures

J’ai remarqué ces dernières années que les tendances deviennent transverses et se retrouvent dans tous les domaines liés à la création. Je ne sais pas si le phénomène s’amplifie grâce à la facilité de diffusion des informations sur le net ou si c’est moi qui suis plus attentive, toujours est-il que je repère de plus en plus souvent les mêmes couleurs ou motifs sur les défilés et dans des éléments de décoration ou de design.

C’est le cas actuellement avec la rayure : que ce soit en mode ou pour toute autre forme de création, les rayures graphiques bicolores sont partout.
 
Est-ce l’influence de l’exposition Monumenta de Buren au Grand Palais cet été qui aura au final  fait d’avantage parler des célèbres colonnes de la cour d’honneur du Palais Royal que de l’exposition en elle-même ? Ou un clin d’œil au code barre, emblème de notre société de consommation ? 

Cette omniprésence de rayures me fait aussi penser à la fameuse scène du film de William Klein « Qui êtes-vous Polly Maggoo », une comédie satirique sur le milieu de la mode en 1966, où l’on voit de jeunes mannequins habillées de larges rayures noires et blanches se confondant au papier peint du même motif. 

Alors qu’elle soit fine ou extra-large, sage ou hypnotique, minimale ou psychédélique, voici comment va s’exprimer la rayure en 2013.
 
Sur les podiums printemps été 2013, la rayure était omniprésente dans les collections de Marc Jacobs (et sur sa campagne de pub, j'en parlais ici), Dolce & Gabbana, Balmain et on la retrouve également chez beaucoup d’autres créateurs. 
final Marc Jacobs PE 2013
 
Dolce & Gabbana PE 2013
 
Balmain PE 2013
Michael Kors / Dior / Jonathan Saunders PE 2013
Cette tendance n’est pas prête de s’essouffler puisque Stella McCartney l’a mise à l’honneur dans sa pré-collection automne  2013 qui vient d’être présentée. Le noir et blanc prédomine, mais on trouve aussi d’autres duo de couleurs.

Et on peut être rayée jusqu’au bout des ongles, même le nail art a succombé au motif zébré.
défilé Gareth Pugh PE 2012

Au niveau de la décoration, la rayure est partout : sur les murs (papier peint Ferm Living, la rayure verticale est plus chic que la rayure horizontale, elle donne de la hauteur aux pièces) ou au sol, ou encore au plafond avec par exemple la suspension Vertigo chez Petite Friture. Le côté graphique structure l’espace et donne une touche d’élégance.


En communication la rayure investit les supports : Séphora en a fait la toile de fond d’une opération commerciale au mois de novembre et la graphiste Leslie David s’en amuse pour animer le générique de l’émission « La mode, la mode, la mode » sur Paris Première.

Enfin, même l’art s’intéresse aux effets optiques des rayures. En octobre, la Galerie Matignon à Paris a mis en avant le travail du photographe et réalisateur français Francis Giacobetti à travers une série de corps nus habillés de raies de lumières 

Et le Centre Pompidou de Metz expose en ce moment les hypnotiques « wall drawings » de l’artiste américain conceptuel Sol Lewit.