samedi 5 mars 2011

Dior AH 2011 : Galliano, es tu là ?

crédit photo : FashionMag.com
Hier c’était le défilé Dior Automne Hiver 2011.
D’habitude les défilés Dior ne sont pas ceux que je regarde en priorité. Ils influencent peu la tendance, sont toujours « too much », peu portables, très bling bling.
Cette saison j’étais très curieuse de voir ce qu’allait être la présentation Dior, sans la touche finale et surtout le très attendu salut théâtral de John Galliano.


Et j’ai été sous le charme, je dois l’avouer ! Le Dior du talentueux Galliano, débarrassé des excès du créateur, est très désirable.
Les silhouettes ont été épurées, simplifiées. Les coiffures et les maquillages outranciers qui travestissaient les mannequins en de véritables cocottes ont été adoucis. La démarche forcée des filles s'est muée en une démarche souple, pleine de légèreté et d’allant. Les vêtements avaient la juste dose de glamour. Les matières précieuses (taffetas de soie, mousseline de soie, pane de velours, fourrure) sont révélées !
Le premier passage m'a beaucoup intrigué : c’est une jeune femme vêtue d’une cape et de grandes bottes de couleurs sombres. Un large chapeau en feutre cache son visage. Elle a une démarche saccadée, une présence mystérieuse et des poses théâtrales qui rappellent les saluts de John Galliano. Comme si son esprit flottait une dernière fois sur le défilé…
Si c’est une attention de la Maison Dior pour le créateur à l’origine de cette collection,  je trouve que c’est très élégant.
En tous cas, ce défilé a démontré la véritable capacité de Dior de faire des vêtements portables !
J'ai beaucoup aimé l'esprit très bohême chic de la collection : la palette de couleurs automnales dans  des tons de bleu pétrole, lie de vin, vert olive et brique. Les larges chapeaux en feutre, les précieux cols en fourrure, kes knickers en velours et les petites lunettes de soleil rondes.


crédit photo : FashionMag.com




lundi 7 février 2011

Que tes larmes irriguent

Hier est morte la romancière et poète Andrée Chedid.
Ce poème d'elle m'inspirait et me portait quand j'étais plus jeune.

Je le recopiais dans mes agendas pour l'avoir toujours avec moi.

Jeunesse

Jeunesse qui t'élance
Dans le fatras des mondes
Ne te défais pas à chaque ombre
Ne te courbe pas sous chaque fardeau
Que tes larmes irriguent
Plutôt qu'elles ne te rongent
Garde-toi des mots qui se dégradent
Garde-toi du feu qui pâlit
Ne laisse pas découdre tes songes
Ni réduire ton regard
Jeunesse entends-moi
Tu ne rêves pas en vain.

mercredi 2 février 2011

cette indispensable main sur l'épaule

Élisabeth et moi - 1931

Cette photo, intitulée "Elisabeth et moi", est un recadrage par le photographe André Kertész d'un autoportrait où il pose avec sa femme.

J'adore cette photo.
Pour la sobriété de l'image, de l'attitude de la femme, le noir et blanc.
Pour la façon très moderne dont la photo est recadrée pour ne dévoiler qu'une partie du visage de sa femme, sa "moitié".
Et surtout, surtout pour cette main, enveloppante, rassurante, posée fermement sur son épaule.
Cette main détachée de tout mais qui semble indissociable de qui elle est.

André Kertész au musée du Jeu de Paume, jusqu'au 6 février 2011

jeudi 27 janvier 2011

lundi 24 janvier 2011

berceuse



J'écoute en boucle cette chanson en ce moment.
Elle est triste, elle parle de la mort d'un être cher, mais ces paroles murmurées avec beaucoup de retenue et d'acceptation m'apaisent.

dimanche 23 janvier 2011

la magie du défilé

Je suis allée au défilé du jeune créateur Tillmann Lauterbach hier.
J’ai beaucoup hésité à y aller : c’est une ligne homme, un créateur peu connu, un défilé modeste… bref, je faisais déjà ma blasée après un maigre palmarès de 3 défilés !!! C’est n’importe quoi…
Au final, comme d’habitude, la magie a opéré !
Je me suis sentie transcendée, transportée ! J’étais très émue, avec cette impression que ça touchait une vérité en moi.
J’ai trouvé le défilé d’une beauté à en pleurer. Mais pas une beauté classique.
L’étrangeté d’abord, avec une musique sourde qui semblait sortir des profondeurs de la terre, qui montait et m’enveloppait.
La fragilité, du visage pale et émacié des mannequins, de leur longue et fine silhouette. La dureté, de leurs traits aussi.
La radicalité des silhouettes sombres et brutes.
Et la pureté des coupes, du tombé des matières.
Le défilé a eu lieu dans un hôtel particulier du Marais, dans une petite pièce typique des appartements parisiens du 18ème, surchauffée par des spots qui projetaient une lumière crue. Le lieu et l’ambiance du défilé étaient en totale opposition avec l’esprit de la collection. Mais peut être que c'est cette proximité entre le public et les mannequins ou ce décalage entre le lieu et les silhouettes qui défilaient qui a permis à cette beauté brute de surgir ?
Et puis, dans ces défilés un peu underground, il y a toujours des personnages ! J’aurai aimé avoir le talent pour les prendre en photo et les présenter… Certains étaient vraiment étranges. Je suis sure que ça participe à l’ambiance du défilé aussi.