mercredi 4 janvier 2012

le joueur de Kora


Cet après midi, j’étais dans le métro quand un musicien est entré dans le wagon pour faire la manche. C’était un Sénégalais qui tenait un instrument bizarre que je n’avais jamais vu, une sorte de cithare d’où étaient tendues des cordes qui se terminaient en  fils de nylon frisottant.  Je l’ai vu d’un mauvais œil, en me disant qu’il allait encore nous en mettre plein les oreilles, puis je n’y ai plus pensé.

J’ai mis un moment avant de prêter attention à sa musique. Ça semblait être un chant traditionnel de son pays, lent et répétitif, qui s’élevait de sa voix chaude et mélodieuse. Je ne comprenais rien aux paroles, mais l’idée que la musique est universelle a pris tout son sens à ce moment.

Sa musique, tantôt triste, tantôt gaie, m’a fait voyager. Elle m’a parlé de son village, loin d’ici, de la dureté de la vie au quotidien, et de l’acceptation aussi.  Du plaisir de se retrouver le soir, à la lueur d’un feu de bois et de partager des moments d’amitié et de fraternité aux sons de la Kora.

Petit à petit j’ai senti la tension se relâcher, mes épaules se détendre et la fatigue de la journée s’apaiser. J’étais bien, enveloppée et bercée par cette musique douce et rassurante.

Dans le wagon peu à peu les gens se retournaient pour découvrir le musicien. On pouvait lire sur leur visage qu’ils étaient surpris eux aussi par la beauté et la chaleur de ce chant qui contrastait avec l’atmosphère froide et métallique du métro.

En descendant à ma station, je lui ai donné une pièce bien sûr, mais je lui ai surtout dit merci. Merci d’avoir fait arrêter un court instant le flot incessant de mes pensées et de m’avoir offert quelques minutes d’évasion, loin de mes préoccupations quotidiennes. 

samedi 31 décembre 2011

Holidays spirit



Dernier jour de l’année, alors que tout le monde prépare fébrilement son réveillon, j’ai vendu mon service de table sur Le Bon Coin.

C’est une femme d’une quarantaine d’années qui est venue me l’acheter, elle vit dans le 7ème arrondissement de Paris et a toute la panoplie qui va avec le quartier : lèvres pulpées, parka Moncler et bracelet Cartier au poignet. Elle était ravie, limite émue de pouvoir compléter son service de la même marque et de pouvoir offrir à ses 16 convives de ce soir une parfaite table de fête.
Et moi de la voir toute en joie, ça m’a réjoui aussi ! J’adore acheter ou vendre sur eBay ou Le Bon Coin !

Ma démarche n’est pas dans un souci écologique dans le but de limiter la production de biens.
Au-delà du fait que ça me permette de me débarrasser de vêtements ou de meubles sans trop culpabiliser, j’adore l’idée de transmission. J’aime savoir que les objets que j’ai choisis, aimés ne finissent pas au rebus mais passent à une autre personne qui va avoir le même plaisir à les accueillir !
J’aime être secrètement liées à d’autres personnes dans le monde (j’ai vendu une fois une paire de bottes Isabel Marant à une Californienne !) et me dire que nous partageons les mêmes goûts dans tel ou tel domaine.

En fait eBay et Le Bon Coin c’est comme un immense site de rencontres de personnes par affinités !

Et d’ailleurs, je suis en train de vendre sur eBay un bureau Florence Knoll et il se trouve que la personne qui va l’acheter est une personne dont on m’a conseillé, il y a quelques mois, de me rapprocher pour m’inspirer de sa démarche professionnelle.
Et moi je dis que ça, ce n’est pas une coïncidence, c’est une preuve ;-) !

Bon Réveillon A Tous et Très belle Année 2O12 !

jeudi 29 décembre 2011

terrain de je


En février 2011, je finissais mon année et demi d’études à « l’école de la mode », comme la nomme ma petite nièce de 7 ans. Presqu’un an après, je suis nostalgique, j’y pense encore comme une parenthèse enchantée. Et pourtant, ça a été un an et demi de travail acharné, de remises en question, de doutes, de larmes parfois, mais aussi de découvertes, d’exaltation, de moments partagés, de confiance retrouvée.

J’ai vécu cette école comme un retour à l’enfance, un espace protégé, privilégié, pour apprendre, pour se construire, un grand terrain de jeu, un espace d’expérimentation.
Etait-ce le fait qu’on n’était pas noté (ou plutôt que nos notes ne nous étaient pas communiquées) qui faisait que je me sentais libre d’essayer, de tenter, de proposer. Que je me sentais en sécurité aussi, protégée, comme si ce qu’il se passait ici n’aurait pas de conséquences sur la vraie vie. Ici nous étions autorisés à tester nos idées, se lâcher, dépasser nos limites.

Bien sûr cette vision est un peu utopique, il y avait bien des passerelles avec la vie réelle. Les intervenants étaient pour la plupart des professionnels de la mode et les étudiants gravitent également autour de cet univers.
Alors pourquoi je n'essaierai pas de prolonger cet état d’esprit de liberté, d’expérimentation et de découverte dans ma vie professionnelle aujourd'hui ?

jeudi 1 décembre 2011

seul au monde...

Je reviens sur l’expo de Diane Arbus. 
Une photo m’a particulièrement touchée, 
elle fait partie d’une série de photos prises à l’occasion d’une course de bébés en couches (!!!). On y lit toute la détresse sur des visages poupins de bébés en larmes.

J’ai été saisie par le visage désemparé de l’enfant, ses yeux dilatés baignés de larmes, sa bouche déformée par les pleurs, ses petites mains qui se rejoignent presque dans un geste de supplique.
Et la présence de la mère, absente, sombre, sans visage, dont le noir des cheveux fait écho à la silhouette inquiétante des arbres en arrière plan.

mercredi 30 novembre 2011

l'étrangeté ordinaire de Diane Arbus


J’ai été voir Diane Arbus au musée du Jeu de Paume aujourd’hui. D’elle, je croyais qu’elle photographiait exclusivement les « freaks », les marginaux, montres humains, bizarreries de la société.
En fait, il s’avère que son travail porte plus largement sur les classes populaires de l’Amérique des années 50 et 60. Elle a tout de même un intérêt pour les personnes qui échappent à leur condition, qui sortent du cadre, d’où les nombreuses photos de transsexuels, nudistes…

Ses photos ne reflètent pas pour autant une tendresse pour ses personnages, il n’y a pas une volonté de pathos non plus. On y voit une distance avec le sujet, elle se contente de montrer.
La plupart des photos ne sont pas des clichés pris sur le vif, le sujet pose. Mais l’objectif de Diane Arbus n’est pas de présenter les personnages sous leur meilleur jour, de les magnifier, mais de les montrer simplement tel qu’ils sont dans un décor familier.

Tout cela donne des photos sombres où règne une certaine étrangeté, par le côté cru de l’intimité mise en avant, l’aspect parfois glauque des personnages ou du décor, l’absence de recadrage qui révèle des ombres ou des détails d’un objet hors champs.

Son univers me rappel celui d’un photographe de mode que j’aime particulièrement, Juergen Teller chez qui on retrouve des photos intimistes, prises de prés, avec un cadrage volontairement approximatif, des personnages qui ne posent pas, des décors vieillots, des détails du quotidien visibles, un style faussement ordinaire.

Diane Arbus au Jeu de Paume, jusqu’au 5 février 2012

jeudi 17 novembre 2011

Mourir Auprès de Toi

Les vidéos virales de marques, je suis sure que vous en connaissez tous. Depuis quelques années, on assiste à une multiplication de ce format de communication et les marques de mode rivalisent d’idées et de créativité pour mettre en scène une collection ou leur univers.

D’abord, parce que le développement d’Internet a donné aux marques la possibilité de diffuser à moindre coût du contenu vidéo. Les prix prohibitifs des campagnes de publicité télé tiennent à l’écart depuis toujours les marques de mode du média vidéo.

Et puis, si les marques veulent renforcer leur présence sur le web et faire partie des discussions dans les réseaux sociaux, elles doivent diffuser du contenu qui sera repris dans les blogs, Facebook, Twitter, YouTube et autres médias sociaux, pour faire un buzz.

En la matière, il semblerait que les registres du drôle, de l’émotionnel, du dramatique, du sensationnel et de la provocation assurent à leurs auteurs de grandes chances de succès.

Je ne vais pas revenir sur toutes les vidéos qui m’ont marquées cette année, mais je voulais vous faire partager le petit clip de la créatrice d’accessoires Olympia Le Tan qui met en scène les personnages brodés sur ses minaudières, personnages qui s’inspirent de couvertures de livres anciens. Il a été réalisé par Spike Jonze (le réalisateur de « Dans la peau de John Malkovitch ») suivant la technique du stop motion (succession d’images sur une bande son), c’est la grande mode en ce moment.
J’aime son univers à la fois impertinent, comique et poétique…Je ne me lasse pas de le revoir, c’est un vrai coup de cœur !


mardi 11 octobre 2011

Reminder

“Your time is limited, so don’t waste it living someone else’s life, Remembering that you are going to die is the best way I know to avoid the trap of thinking you have something to lose.

You are already naked, There is no reason not to follow your heart.
Don’t let the noise of other’s opinions drown out your own inner voice, Stay hungry, stay foolish.”

Steve Jobs